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Poèmes dépressifs

 

 

Fascination

 

Elle est venue me voir hier,

Vêtue de noir, avec sa faux,

Pour me parler des êtres chers

Qui m’espèrent depuis là-haut…

 

Elle est venue dans le désert

De ces jours dévêtus de sens,

Tendre et douce comme une mère,

Pour me donner de l’espérance.

 

« Que faut-il faire ? » ai-je imploré

« Pour la paix, je veux tout donner ! »

Elle a souri sans dire un mot

Et lentement levé sa faux.

 

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Erosion interne

 

La rose a refleuri

Sur le bord du chemin ;

L’hiver n’a pas terni         

Sa robe de satin ;

Sa corolle alanguie

Pleinement s’épanouit…

 

Que n’en est-il ainsi

De mon cœur assombri ?

La souffrance me dure

Des anciennes blessures

Que rien ne vient guérir,

Ni aimer, ni écrire…

 

Si de mon sang fécond

Pouvaient naître des roses,

Alors je ferais front !...

Mais la douleur enclose

Ne rejaillit qu’en vers

 - Dévorée, je me perds…

 

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Lacrimosa

 

Les écouteurs en perfusion,

Je laisse la musique, à fond,

Se répéter en tourbillon,

         Jusqu’à perdre pied.

 

Position fœtal, repliée,

Je sens mes tympans bourdonner,

Pulser. Je voudrais me diluer,

         N’être plus qu’un son,

 

Briser les limites du corps

Pour jaillir enfin au dehors !

Mais, hélas, jamais ne démord

         La douleur malsaine :

 

Mieux qu’une laisse, elle m’enchaîne

A ces souvenirs qui m’aliènent ;

Cette persistante rengaine

         Jamais ne s’endort.

 

Monte le son, tourne l’ampli :

Mon corps s’offre à la mélodie

Qui caresse, pénètre, emplit

         Et comble le cœur…

 

…Mais trop tôt le calme trompeur

Reflue, quand la musique meurt ;

La souffrance sans cesse affleure

         Et rien ne guérit…

 

Pour Johann

Et Kalafina (Ending II de Kuroshitsuji : ICI)

 

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Quand tous les prétextes à vivre

Ont épuisé leur substance,

Je voudrais fermer l’existence

Comme on délaisse un mauvais livre.

 

Quand l’angoisse dans l’inconscient,

En reptation perpétuelle,

Murmure plus fort ses accents,

Alors le bord du quai m’appelle.

 

Insinuante tentation,

L’envie d’en finir me sature ;

En moi se répand la pulsion

Me poussant à la rupture.

 

C’est la fraction d’instant fatal

Où la dépression, animale,

Prend possession de tout mon être,

Sauvagement me pénètre.

 

Rien que le temps d’un battement

De cœur suffirait pour sauter

Et le Moi fragilisé

N’aurait pas même un serrement.

 

Rien qu’un instant pour décider

D’abolir tous les lendemains,

Pour faire enfin de ce matin

De détresse le dernier.

 

Maintenant…

 

Alors, soudain, je me souviens :

J’ai promis de rester pour toi…

…Aujourd’hui, encore une fois,

je monterai dans le train.

 

Pour Johann

 

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Quand viendra l’heure de partir,

Je le ferai sans un adieu ;

Mon départ sera silencieux,

Sans lettre de reproche ou d’ire.

 

Je tairai ce que crie mon cœur,

Au grand jamais vous n’entendrez :

« Je meurs de n’être pas aimée » ;

Je serai forte, attendant l’heure.

 

Je me noierai sans me débattre,

Je sombre depuis si longtemps ;

Personne, nulle part, ne m’attend :

Pourquoi voudrais-je encore me battre ?

 

Pardonnez-moi, je vous pardonne ;

Séparons-nous en bons amis

Qui ne se sont jamais compris…

Tout est dit, adieu : l’heure sonne.

 

A ma famille

Commentaires

  • Charline
    • 1. Charline Le 02/05/2011
    Y a des jours comme ça...

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