Poèmes dépressifs
Fascination
Elle est venue me voir hier,
Vêtue de noir, avec sa faux,
Pour me parler des êtres chers
Qui m’espèrent depuis là-haut…
Elle est venue dans le désert
De ces jours dévêtus de sens,
Tendre et douce comme une mère,
Pour me donner de l’espérance.
« Que faut-il faire ? » ai-je imploré
« Pour la paix, je veux tout donner ! »
Elle a souri sans dire un mot
Et lentement levé sa faux.
______________________________________________________________________________________________________________________
Erosion interne
La rose a refleuri
Sur le bord du chemin ;
L’hiver n’a pas terni
Sa robe de satin ;
Sa corolle alanguie
Pleinement s’épanouit…
Que n’en est-il ainsi
De mon cœur assombri ?
La souffrance me dure
Des anciennes blessures
Que rien ne vient guérir,
Ni aimer, ni écrire…
Si de mon sang fécond
Pouvaient naître des roses,
Alors je ferais front !...
Mais la douleur enclose
Ne rejaillit qu’en vers
- Dévorée, je me perds…
__________________________________________________________________________________________________________________________
Lacrimosa
Les écouteurs en perfusion,
Je laisse la musique, à fond,
Se répéter en tourbillon,
Jusqu’à perdre pied.
Position fœtal, repliée,
Je sens mes tympans bourdonner,
Pulser. Je voudrais me diluer,
N’être plus qu’un son,
Briser les limites du corps
Pour jaillir enfin au dehors !
Mais, hélas, jamais ne démord
La douleur malsaine :
Mieux qu’une laisse, elle m’enchaîne
A ces souvenirs qui m’aliènent ;
Cette persistante rengaine
Jamais ne s’endort.
Monte le son, tourne l’ampli :
Mon corps s’offre à la mélodie
Qui caresse, pénètre, emplit
Et comble le cœur…
…Mais trop tôt le calme trompeur
Reflue, quand la musique meurt ;
La souffrance sans cesse affleure
Et rien ne guérit…
Pour Johann
Et Kalafina (Ending II de Kuroshitsuji : ICI)
_______________________________________________________________________________________________________________________
Quand tous les prétextes à vivre
Ont épuisé leur substance,
Je voudrais fermer l’existence
Comme on délaisse un mauvais livre.
Quand l’angoisse dans l’inconscient,
En reptation perpétuelle,
Murmure plus fort ses accents,
Alors le bord du quai m’appelle.
Insinuante tentation,
L’envie d’en finir me sature ;
En moi se répand la pulsion
Me poussant à la rupture.
C’est la fraction d’instant fatal
Où la dépression, animale,
Prend possession de tout mon être,
Sauvagement me pénètre.
Rien que le temps d’un battement
De cœur suffirait pour sauter
Et le Moi fragilisé
N’aurait pas même un serrement.
Rien qu’un instant pour décider
D’abolir tous les lendemains,
Pour faire enfin de ce matin
De détresse le dernier.
Maintenant…
Alors, soudain, je me souviens :
J’ai promis de rester pour toi…
…Aujourd’hui, encore une fois,
je monterai dans le train.
Pour Johann
____________________________________________________________________________________________________________________________
Quand viendra l’heure de partir,
Je le ferai sans un adieu ;
Mon départ sera silencieux,
Sans lettre de reproche ou d’ire.
Je tairai ce que crie mon cœur,
Au grand jamais vous n’entendrez :
« Je meurs de n’être pas aimée » ;
Je serai forte, attendant l’heure.
Je me noierai sans me débattre,
Je sombre depuis si longtemps ;
Personne, nulle part, ne m’attend :
Pourquoi voudrais-je encore me battre ?
Pardonnez-moi, je vous pardonne ;
Séparons-nous en bons amis
Qui ne se sont jamais compris…
Tout est dit, adieu : l’heure sonne.
A ma famille
Commentaires
-
- 1. Charline Le 02/05/2011
Y a des jours comme ça...
Ajouter un commentaire