Haïku

 

 

Au soir d’un été,

Le soleil brûle encore

- Gardez-vous des amoures passées.

 

 

Automne,

Les feuilles saignent,

Brulées comme mon cœur.

 

 

Les pétales fanés,

Le vent les disperse

- L’amour a fui.

 

 

Odeurs d’humus,

Le jardin s’exhale

- La pluie le révèle.

 

 

Corps et cœurs confondus

- Peut-on devenir l’autre

A force de l’aimer ?

 

 

Ton nom m’est plus familier que le mien

Tant il court souvent sur mes lèvres

- Petite bête apprivoisée.

 

 

Convoi de lucioles ?

Rayon de lune ?

- Les défunts gagnent le ciel.

 

 

Repeindre le passé

Aux couleurs du présent

Pour ne pas voir ce qui change.

 

 

Elle file, elle file

De ses longs doigts

La Parque des mouches

 

 

Les yeux au bout des doigts

Elle voit plus loin que vous

La vieille aveugle

 

 

A l’étroit, elle gronde et s’agite

Comme un bébé vampire

- La faim.

 

 

Elle court sur tout le corps

En longs frissons

La musique

 

 

Assoiffé,

Il lèche les tâches d’encre

Le buvard

 

 

D’un vol égaré,

Elle suit lentement le cadavre

- La plume.

 

 

Exsangue,

Le stylo demande grâce ;

Et la muse se moque.

 

 

L’enfant se frotte les yeux

- La fatigue assise sur ses paupières

S’en va escalader sa mère.

 

 

Belle, intelligente, talentueuse…

- Elle a sauté

La mal-aimée.

 

 

Comme une incantation,

Elle répète à l’infini son prénom

- La mère devant le petit cercueil.

 

 

Au rythme du plaisir,

Elles scintillent

- Les boucles d’oreilles.

 

 

Ils promettent toujours

Les ivrognes

Et les amoureux

 

 

Elle a jauni la photo

A force de suer

Dans sa poche.

 

 

Les yeux immenses,

Il mendie son pardon

- Pour pouvoir recommencer.

 

 

Battus,

Ils reviennent en rampant

- Le chien et l’amoureux.

 

 

Egaré,

Il pleure,

Le petit nuage.

 

 

Elle le gifle de ses mots

Jusqu’à ce qu’il pleure

- Alors elle sait qu’il l’aime encore

 

 

Tours, détours

- Elle arrive toujours à son but

La rivière

 

 

Instant zen :

La raie traverse l’aquarium

En volant paresseusement

 

 

Les arbres en ombres chinoises

Sur un crépuscule d’hiver

- Comme une floraison incandescente

 

 

Volutes de fumées

Le temps s’effiloche

Dans un parfum d’encens

 

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Dune du Pyla :

 

Bord de mer ;

Les suspentes des parapentes

Scarifient le sable.

 

 

Fin de l’été ;

Sous les pins

Le sable se hérisse.

 

 

Au soir, les ombres investissent

Le creux des pas ;

La dune est pommelée.

 

 

Ni ressac, ni vent ; ni horizon bleu :

Entre la mer et moi, un mur de sable

- Face à face avec la Dune.

 

 

La dune avance sur les pins

- Le sable mord parfois

De ses dents d’aiguilles.

 

 

Harnachée, l’aile se débat,

Plie, roule, se contorsionne,

Puis, domptée, se déploie

- Et l’homme s’envole.

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